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Matéo boheas, sportif de haut niveau avec un pied bot

  • contact520810
  • 3 janv.
  • 4 min de lecture

"Je vois mon pied bot comme une différence, au même titre que chacun peut en avoir une : que ce soit par ses origines, son genre, sa taille, sa couleur de peau ou un handicap. Après tout, nous sommes tous différents à notre manière, et c’est ce qui fait notre richesse." - Matéo


Peux-tu te présenter en quelques mots ?


Je m’appelle Matéo, j’ai 29 ans, je suis papa d’un petit garçon de 2 ans qui s’appelle Elio et je suis sportif de haut niveau en tennis de table, dans l’équipe de France handisport.

J’ai obtenu plusieurs médailles au niveau mondial, notamment aux Jeux Paralympiques à Tokyo, puis à Paris en 2024. Je suis né avec un pied bot. 😊


Peux-tu présenter ton parcours sportif avec un pied bot ?


J’ai commencé le tennis de table très jeune, à 6 ans, car c’était une passion partagée avec toute ma famille : tout le monde y jouait, et mon pied bot ne m’a pas arrêté !J’ai rapidement fait des compétitions et obtenu de bons résultats, ce qui m’a permis d’être détecté d’abord par le département de Loire-Atlantique, puis par la région des Pays de la Loire, où j’ai pu intégrer les stages régionaux et être sélectionné pour des compétitions nationales.


En 6ᵉ, j’ai décidé de faire sport-études et j’ai pu m’entraîner tous les jours avec les meilleurs joueurs de la région. Tout cela s’est passé dans le milieu valide, avec un pied bot.


Vers 15 ans, la Fédération Française Handisport, consacrée aux sports pratiqués par les personnes en situation de handicap, m’a approché et m’a proposé d’intégrer le milieu handisport en parallèle du valide, ce que j’ai accepté.


J’ai eu ma première sélection en équipe de France en 2013, pour un Championnat d’Europe, et je n’ai pas quitté l’équipe depuis. Je suis multiple médaillé européen et mondial, et j’ai deux médailles en simple aux Jeux Paralympiques (argent à Tokyo en 2021 et bronze à Paris en 2024). Je prépare actuellement les Jeux de Los Angeles, qui se dérouleront en 2028.


Peux-tu nous parler de ton pied bot ? Quand le diagnostic a-t-il été posé ?


J’ai un pied bot varus équin sur le pied gauche, découvert in utero. J’ai aussi de l’arthrogrypose au niveau des genoux, qui se caractérise par une limitation de l’amplitude des mouvements des articulations, mais c’est très léger. Les professionnels de santé m’ont confirmé que ce n’était pas lié à mon pied bot.


Quel traitement a été mis en place pour corriger ton pied bot ?


J’ai eu la méthode fonctionnelle, avec de la kinésithérapie six fois par semaine durant quelques mois après ma naissance, ainsi que le port d’attelles.


Je suis né avec un pied bot assez sévère puisque j’ai été opéré à 10 mois, avec le port de broches dans le pied pour maintenir la correction. Elles ont rapidement été retirées et j’ai été immobilisé trois mois avec des plâtres.


Après l’opération, j’ai continué la kinésithérapie jusqu’à l’acquisition de la marche, qui a eu lieu lorsque j’avais 19 mois. Il y a ensuite eu une diminution progressive de la kinésithérapie jusqu’à mes 2 ans, puis un arrêt total des séances.


Aujourd’hui, je n’ai pas de douleurs particulières, mais je porte tout de même des semelles orthopédiques. Ayant le mollet atrophié, j’ai sans doute un peu moins de force sur la jambe gauche, mais cela ne m’a jamais gêné pour pratiquer mon sport.


Gardes-tu des souvenirs de ce que tu as vécu pendant ce traitement ? Sais-tu comment tes parents l’ont géré ?


Je ne garde aucun souvenir de ce traitement : ce sont mes parents qui m’en ont parlé. D’après eux, j’ai été très bien pris en charge par le corps médical. Je sais que cela n’a pas toujours été facile pour eux au début, car le rythme des séances de kinésithérapie était soutenu.


Mais aujourd’hui, ils sont très heureux d’avoir été assidus sur le traitement, et je leur en suis reconnaissant. Je suis devenu une personne épanouie, qui pratique un sport de haut niveau, sans problème de mobilité : avoir un pied bot n’a eu aucune incidence sur ma vie.


Est-ce que ta particularité t’a freiné au début ou t’a, au contraire, donné une force particulière ?


Aucun frein, au contraire ! J’ai toujours été très sportif et j’ai toujours beaucoup bougé durant mon enfance.

Je vois mon pied bot comme une différence, au même titre que chacun peut en avoir une : que ce soit par ses origines, son genre, sa taille, sa couleur de peau ou un handicap. Après tout, nous sommes tous différents à notre manière, et c’est ce qui fait notre richesse.


Quel message aimerais-tu transmettre aux parents d’enfants nés avec un pied bot ?


J'aimerais dire qu'un pied bot se corrige très bien désormais que l'on a la chance d'être en France, dans un pays ou la médecine est très efficace.

Il faut faire confiance aux professionnels de santé et bien prendre en compte ce qu'ils recommandent, donc être assidu au traitement. Ensuite de ne pas trop couver votre enfant qui a un pied bot, il faut le laisser s'exprimer, jouer, tomber comme tous les autres enfants.


Vive la différence et vive les petits pieds bots !




 
 
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